Lorsque mon associé et moi avons lancé le projet O’Sol, nous avons adopté une démarche d’Ingénieur Mécanique.

Nous construisions une machine physique, du hardware (un générateur solaire mobile, automatisé et auto-dépliable) en suivant une approche classique. Nous avions alors, une série d’exigences, de contraintes et une idée initiale de notre système. Nous travaillions beaucoup à l’aide de dessins sur papier pour visualiser puis comparer différents concepts. Une fois que nous en avons choisi un sur lequel nous concentrer, nous sommes passés à de la conception assistée par ordinateur (CAO).

Nous venions de lancer notre startup, donc nous n’avions pas l’argent pour nous permettre de commettre trop d’erreurs. Le prototypage est généralement une étape coûteuse, surtout pour du matériel complexe et non-standard comme le nôtre. En effet, nous utilisons des pièces qui ne sont pas standardisées. Les produire auprès d’un fabricant aurait donc été trop chèr (quantité trop basse pour des économies d’échelle). Ainsi nous devions trouver une solution pour les fabriquer nous-même en petite quantité, en nous assurant que nos plans soient correct pour le premier essai. Notre avancée était lente, puisque nous craignions de faire des faux pas qui nous auraient coûté cher.

3D printer and 3D illustration

Tout cela a changé lorsque l’un de nos amis proches nous a convaincu d’investir dans une imprimante 3D. Edward a une grande expérience dans les domaines de la robotique et du logiciel. Sa vision de l’Ingénierie était basée sur l’itération rapide et le développement incrémental. Pour lui, c’était impensable de prototyper sans imprimante 3D.

Nous lui avons donc fait confiance et sur ses conseils, nous avons investi dans une imprimante au bon rapport qualité-prix. Par la suite, nous en avons acheté une deuxième.

 

Cette décision a eu un grand impact sur notre manière de travailler, et a présenté plusieurs avantages.

1. Il est devenu acceptable de faire des erreurs

Nous avons progressivement appris à voir que les concepts défaillants étaient des opportunités d’apprendre et de progresser. Nous avons appris à tirer des leçons de nos erreurs, à travailler avec moins de pression et donc à progresser beaucoup plus vite. Par conséquent, nous nous sommes permis d’imaginer de nouveaux concepts, d’essayer différentes solutions et d’innover là où on le pouvait.

2. Nous avons appris à développer en prototypant plutôt qu’en concevant

Au vu de notre nouvelle capacité à accepter de faire des erreurs, nous avons pu prototyper et tester divers concepts, allant donc plus loin que nos modèles CAO. Nous avons donc choisi les concepts qui fonctionnaient le mieux en pratique plutôt qu’en théorie. Nous avons également été capables de tester de nouveaux concepts rapidement, en découvrant donc de nouvelles contraintes ou problèmes que nous n’avions pas anticipés auparavant.

3. Nous pouvons désormais travailler avec des composants plus complexes

Dans notre approche initiale, nous étions obligés de concevoir des pièces aussi simples que possible, en raison du coût élevé de production de ces pièces par des méthodes classiques. L’impression 3D est une solution efficace, puisque nous pouvons désormais concevoir, prototyper puis tester des pièces plus complexes avec un budget réduit. Une fois ces pièces optimisées elle pourront être produites en grandes quantités à l’aide de méthodes de production de masse moins onéreuses.

 

Toutefois, l’impression 3D n’est pas sans défauts. En effet, cette technologie a ses limites, comme nous l’avons découvert.

  • La taille de l’imprimante détermine la taille maximale de la pièce

Nos imprimantes ne peuvent imprimer des pièces dont les dimensions excèdent 240 mm dans chaque direction. Ceci limite les pièces que nous pouvons concevoir, prototyper et tester au travers de l’impression 3D.

3D printing piece

Sachant que nous développons un générateur solaire de 1,6 m de hauteur, il est évident que certains éléments ne peuvent pas être développés à l’aide de l’impression 3D. Toutefois, la construction de modèles réduits nous a permis d’apporter une solution partielle à ce problème.

  • Les composants imprimés ont une résistance limitée

Nous imprimons avec du PLA, et la nature même de l’impression 3D limite les efforts auxquels les composants peuvent être soumis. Pour ces raisons, les essais que nous pouvons mener sur des pièces imprimées en 3D sont limités : l’impression 3D fait des merveilles pour valider des concepts, mais moins pour des essais opérationnels. Ceci n’est pas nécessairement un problème, il nous suffit de comprendre ces limitations.

 

Nous apprenons encore, en tant que startup, à maximiser le potentiel de nos imprimantes 3D. Nos manières de travailler sont donc encore en cours d’évolution et d’adaptation. Toutefois, il est certain que cette technologie nous a permis d’accélérer notre développement et d’économiser du temps et de l’argent.